Tout ce que vous devez savoir
Face à la hausse continue des prix du carburant, de plus en plus d’employeurs s’interrogent sur les dispositifs qu’ils peuvent mettre en place pour soutenir le pouvoir d’achat de leurs salariés en matière de transport domicile-travail. Parmi les options disponibles : la prime de transport, un dispositif facultatif qui permet de rembourser tout ou partie des frais de carburant ou d’alimentation d’un véhicule électrique.
Qu’est-ce que la prime de transport ?
Le remboursement des frais de transport par l’employeur peut prendre la forme d’une prime de transport, aussi appelée « prime carburant ». Il s’agit d’une somme forfaitaire versée au salarié, quel que soit le nombre de kilomètres réellement parcourus pour se rendre de son domicile à son lieu de travail.
Dans les mêmes conditions, l’employeur peut également prendre en charge les frais liés à l’alimentation des véhicules électriques, hybrides rechargeables ou à hydrogène.
Une prise en charge facultative, mais encadrée
La prime de transport reste une simple faculté offerte à l’employeur : rien ne l’oblige à la mettre en place.
En revanche, s’il décide de l’instaurer, il doit respecter le principe d’égalité de traitement : tous les salariés remplissant les mêmes conditions (notamment au regard de la distance domicile-travail) doivent en bénéficier, selon les mêmes modalités.
Quels salariés sont concernés ?
Salariés éligibles
En principe, la prime de transport concerne uniquement les salariés :
- dont la résidence habituelle ou le lieu de travail se situe dans une commune non desservie par un service de transport collectif régulier ;
- pour lesquels l’utilisation d’un véhicule personnel est rendue indispensable en raison d’horaires particuliers (travail de nuit, horaires décalés, travail continu…).
Concrètement, l’utilisation du véhicule personnel doit reposer sur une nécessité et non pas sur une convenance personnelle.
Salariés exclus
À l’inverse, sont exclus du bénéfice de cette prise en charge les salariés :
- disposant d’un véhicule mis à disposition permanente par l’employeur, avec prise en charge du carburant ou de l’alimentation électrique par ce dernier ;
- logés dans des conditions telles qu’ils ne supportent aucun frais de transport pour se rendre au travail ;
- dont le transport est assuré gratuitement par l’employeur.
Comment mettre en place la prime de transport ?
La mise en œuvre de ce dispositif nécessite la rédaction d’un accord collectif ou, à défaut, d’une décision unilatérale de l’employeur (DUE) fixant les modalités et conditions de versement de la prime.
Le montant est librement fixé par l’employeur — mais dans la pratique, il est largement calé sur les plafonds d’exonération sociale et fiscale, au-delà desquels la prime perd son avantage.
Régime social et fiscal de la prime de transport
Exonération de cotisations sociales
Les sommes versées par l’employeur au titre de la prime de transport sont exonérées de cotisations sociales dans la limite de :
- 300 € par an et par salarié pour les frais de carburant ;
- 600 € par an et par salarié pour les frais d’alimentation des véhicules électriques, hybrides rechargeables ou à hydrogène.
Exonération d’impôt sur le revenu
Les sommes versées sont également exonérées d’impôt sur le revenu, dans les mêmes limites.
Au-delà, la part excédentaire est soumise à cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu, comme un élément de salaire classique.
Et l’annonce d’un plafond à 600 € ?
Le gouvernement a annoncé, lors d’une conférence de presse en mai 2026, vouloir porter le plafond d’exonération de la prime carburant de 300 € à 600 €, tout en supprimant les conditions d’attribution actuelles. À ce jour, cette mesure n’a fait l’objet d’aucun texte officiel et n’est donc pas applicable. Les employeurs doivent continuer à appliquer les règles actuellement en vigueur, sous peine de redressement.
À ne pas confondre avec les autres dispositifs de mobilité
La prime de transport facultative s’inscrit dans un panorama plus large de dispositifs liés aux déplacements domicile-travail. Quelques repères pour ne pas les confondre :
- La prise en charge obligatoire des frais de transports publics : contrairement à la prime de transport, la prise en charge de 50 % minimum de l’abonnement de transport en commun ou de service public de location de vélos est une obligation légale pour l’employeur, et non une faculté.
- Les indemnités kilométriques (IK) : elles permettent de rembourser les frais engagés par un salarié utilisant son véhicule personnel sur la base d’un barème kilométrique.
- Le forfait mobilités durables (FMD) : ce dispositif facultatif encourage les mobilités « douces » (vélo, covoiturage, transports en commun, engins de déplacement personnel…) et peut être cumulé avec la prime carburant, dans la limite globale de 600 € par an et par salarié.
En résumé
La prime de transport est un levier facultatif mais concret pour soutenir le pouvoir d’achat des salariés confrontés à des trajets domicile-travail contraints. Sa mise en place suppose toutefois de respecter des conditions d’éligibilité précises, une procédure formelle (accord collectif ou DUE) et des plafonds d’exonération à ne pas dépasser.
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